Pour mon post final
sur ma série linguistique au Canada, je vais parler du cas particulier
du Québec. Composé à 82% de francophones. Les anglophones eux
représentent 8% de la population. Le 10% restant est réparti parmi les
immigrants. Donc il est bien
évident que le français est nettement prédominant dans la province.
Toutefois, dans certains endroits leur proportion est assez importante.
Voyons voir les statistiques de 2006 du recensement pour la langue maternelle (parlée à
la maison) :
Régions FR EN autres
Île de Montréal 49% 18% 33%
MRC du Pontiac 41% 57% 2%
Estrie 88% 7% 5%
Gatineau 80% 11% 9%
Saint-Hyacinthe 97% 0,5% 2,5%
Québec (ville) 95% 1,5% 3,5%
Île de Montréal 49% 18% 33%
MRC du Pontiac 41% 57% 2%
Estrie 88% 7% 5%
Gatineau 80% 11% 9%
Saint-Hyacinthe 97% 0,5% 2,5%
Québec (ville) 95% 1,5% 3,5%
Comme on voit, rare
sont les régions où les anglophones représentent une majorité. Mais de
plus en plus les allophones représentent un poids majeur. Et nombre
d’entre eux, bien que ne parlant pas l’anglais à la maison, fonctionne
en anglais pour le travail et les études supérieures.
Parmi les points
soulevés pour la préservation du français, on parle du respect de la Loi 101 en ce qui concerne l’affichage. En général, il y a eu une nette
amélioration depuis l’adoption de la Loi 101. Certes, on pourrait dire
que certains commerçants ne respectent pas en totalité les dispositions
de la Loi, en ayant un nom anglophone. Toutefois les raisons sociales
des entreprises (leur nom) n’a pas à l’être, mais se doivent de rajouter
un descriptif en français. Par exemple, les Cafés Second Cup,
Rôtisseries Scores. D’autres ne le font pas, comme EB Games. La Loi de
ce côté est plus ou moins appliqué. Elle le sera dans des cas plus
extrêmes, tel que Dry Clean pour un nettoyeur. Mais soyons logique, tout
n’est pas francisable, Staples l’a fait pour Bureau en Gros, mais les
pneus Bonne Année (Goodyear), Les jouets sont nous (Toys R Us), pas sûr
que se serait gagnant…
Et du côté de
l’affichage, là ou la Loi est un peu plus appliqué, c’est dans le cadre
de l’affichage descriptif, par exemple pour indiquer un solde, ce qu’on
retrouve dans une allée de magasin, les menus. Dans ces cas-ci, la
taille du lettrage doit être plus gros en français qu’en anglais, le
français en premier.
Il n’y a rien qui
oblige le service en français par contre. Et c’est là que dans les
dernières années on a vu des cas, surtout dans la région de Montréal.
Dans de nombreux commerces du centre-ville, des cas ont été recensés et
rapportés, concernant l’absence de services en français. Dans certains
cas, des francophones ont même été insultés lorsqu’ils ont osés demander
du service en français. Ça c’est un problème majeur qui doit être
réglé. Bien sûr il est possible de ne pas fréquenter les commerçants qui
n’offrent pas le service en français. Mais encore là, nous nous ferions
traiter de raciste encore une fois.
L’accès à l’éducation
en anglais a beau être très restreinte, n’empêche qu’il y a des moyens
de contourner les Lois, tel que les écoles passerelles. Ou bien à la fin
du secondaire, comme les Cégeps et universités ne sont pas réglementés
par la Loi 101, plusieurs s’y inscrivent. Ce n’est pas un mal en soi,
c’est même bien de pouvoir perfectionner son anglais.
Ou pour moi il y a un
problème, c’est la facilité de vivre en anglais, spécifiquement à
Montréal, en Outaouais et à Sherbrooke. À Montréal, on ne retrouve pas
moins de deux universités anglophones (McGill et Concordia), et c’est
sans compter sur le réseau des Cégeps anglophones (trois à Montréal, un
en Outaouais, un à Québec, un à Sherbrooke, un à Saint-Lambert, en plus
du secteur anglais des Cégep de Sept-Îles et de celui de la Gaspésie—Les-Îles, et
de quelques collèges privés). Et notons aussi, que le réseau d’écoles
primaires et secondaires couvre presque toutes les grandes villes du
Québec. De un.
De deux, le réseau de
santé est très bien développé à Montréal. Le nouveau centre de santé
McGill est en construction, d’autres établissements de santé sont
bilingues (tel que Lakeshore à Pointe-Claire). À Montréal, il y a même
des soins pour les Italiens (hôpital Santa Cabrini), et un centre de
soins de longue durée pour les Chinois (hôpital chinois, dans le
quartier chinois). Ailleurs au Québec, c’est différent. Il peut être
plus difficile de se faire servir en anglais.
De trois, les médias
anglophones sont largement présents au Québec. Deux quotidiens les
desservent, The Gazette à Montréal, et The Record à Sherbrooke. C’est
sans compter que les journaux d’Ottawa couvrent l’actualité de
l’Outaouais. Et il y a de nombreux journaux hebdomadaires de langues
anglaises dans ces mêmes régions. La télévision anglophone est bien
établie aussi. CBC, CTV et Global ont des stations locales,. Pour la
radio, pas mal partout au Québec, CBC est retransmis, Montréal a
plusieurs stations locales, en Outaouais, les stations d’Ottawa font le
travail. Et en Outaouais et à Montréal, dans les cinémas, il y a
toujours plusieurs salles qui présentent des films en langue anglaise.
C’est sans compter les troupes de théâtre, d’improvisation, les cercles
culturels, etc.
Avec tout ça, on voit
bien qu’il est plutôt facile de vivre sa vie en anglais au Québec, que
pour un francophone de vivre sa vie en français à Moncton ou à Ottawa.
De plus, les Québécois chialent, mais s’écrasent toujours devant la
langue anglaise. Temps et aussi longtemps que se sera le cas, le
français demeurera, surtout à Montréal, en danger. Mais si les
francophones n’hésitaient pas à se tenir debout, comme les Acadiens ou
les franco-Ontariens l’ont déjà fait, là les anglophones seraient plus
respectueux du français. En attendant, bien, comme un récent sondage du magazine L’Actualité l’a démontré, une bonne proportion des
anglo-québécois ne voient pas le français comme une priorité dans leur
environnement.
Si seulement les francophones hors-Québec étaient aussi bien desservit que les anglophones le sont au Québec…




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