mardi 8 mai 2012

Série : mort ou vie pour le français au Canada 3

PARTIE TROIS - LE RESTE DU CANADA


Est-ce que le français peut survivre au Canada, en dehors du Québec? Plusieurs disent que les francophones hors-Québec se laissent mourir de leur belle mort, d'autres affirment au contraire qu'ils sont plus forts que jamais. En premier lieu, ceux qui disent qu'il n'y a pas d'avenir, pointent du doigt les taux galopants d'assimilation dans les provinces.

Donc, voici les taux d'assimilation des francophones des provinces hors-Québec. C'est à dire les francophones de langue maternelles, qui utilisent majoritairement l'anglais à la maison.

Saskatchewan :                             75,4%
Colombie-Britannique :                74,1%
Alberta :                                         70,7%
Terre-Neuve-et-Labrador :          68,4%
Manitoba :                                     57,4%
Île-du-Prince-Édouard :                53,8%
Nouvelle-Écosse :                         50,3%
Ontario :                                         44,7%
Nouveau-Brunswick :                      11,9%


Maintenant, voici par province ou territoire, le nombre de francophones et leurs proportions dans la population totale de la province ou du territoire.

Île-du-Prince-Édouard                            6 200 Acadiens (4,6%)                       
Manitoba                                                48 000 Franco-Manitobains (4,3%)
Yukon                                                     1 000 Franco-Yukonnais (3,2%)
Nouvelle-Écosse                                     37 000 Acadiens (4,1%)
Territoires-du-Nord-Ouest                       1 100 Franco-Ténois (2,8%)
Alberta                                                    70 000 Franco-Albertains (2,4%)
Saskatchewan                                          20 000 Fransaskois (2%)
Colombie-Britannique                               64 000 Franco-Colombiens (1,6%)
Nunavut                                                    450 Franco-Nunavois (1,6%)
Terre-Neuve-et-Labrador                         2 500 Franco-Terreneuviens (0,5%)


En voyant les taux d'assimilation et la proportion de francophones dans ces provinces, et aussi leur petite taille, il est facile de comprendre qu'il est illusoire de vivre en français dans ces endroits. Contrairement à l'Ontario ou au Nouveau-Brunswick, l'offre de services n'est pas aussi complète. Parlons d'éducation tout d'abord. Dans chacune de ces provinces, il est possible de suivre une éducation primaire et secondaire. Il n'en a pas toujours été ainsi. Dans certaines provinces, le français a même été interdit, notamment au Manitoba. Aujourd'hui encore, dans certaines régions, les parents doivent faire appels aux tribunaux pour obtenir des écoles francophones, que le gouvernement provincial leur refuse, en évoquant des raisons comme les budgets. Pourtant y a des budgets pour les anglophones. Dans les années 90, des parents de Summerside à l'Île-du-Prince-Édouard ont engagé des procédures judiciaires pour obtenir une école francophone. En 2000, la Cour Suprême a donné gain de causes aux parents, et en 2002 elle a ouvert ses portes. Aujourd'hui ces écoles dans les provinces sont de plus en plus populaires, et c'est sans compter la forte demande (en fait elle dépasse la capacité d'accueil) des écoles d'immersion francophones pour les jeunes anglophones. Il y a certes une plus grande ouverture à l'éducation en français qu'avant.

Et avec ces jeunes qui terminent l'école, il faut des collèges et universités. En voici la liste :

Nouvelle-Écosse                         Université Sainte-Anne
Alberta                                        Faculté Saint-Jean (Université de l'Alberta)
Saskatchewan                             Institut Français de l'Université de Regina
                                                   Collège Mathieu de Gravelbourg 
Manitoba                                     Collège Universitaire de Saint-Boniface
Colombie-Britannique                  Université Simon Fraser
                                                   Collège Éducacentre
Île-du-Prince-Édouard                 Collège Acadie IPE
Territoires du Nord-Ouest           Collège des TNO
Yukon                                         SOFA

Donc seul le Nunavut et Terre-Neuve-et-Labrador, n'offre pas une éducation supérieure en français. Notons que le SOFA du Yukon n'offre pas une gamme complète de cours post-secondaire, mais tout de même, c'est mieux que rien. Si on note le fait qu'auparavant l'enseignement du français valait la prison il y a environ 100 ans, c'est bien.


Pour ce qui est du traitement de la population francophone, disons que le passé est une tache sombre dans l'histoire du pays. Au Manitoba, c'est seulement en 1978 que la Cour Suprême a reconnu l’inconstitutionnalité de la loi de 1890, qui abolissait le français comme langue officielle du Manitoba. C'est en 1981 que la province a créée un Secrétariat des services en français, et en 1993, les francophones ont retrouvé la gestion de leurs écoles. Entre 1890 et 1978, il y a bien eu de l'éducation en français, mais c'était plutôt aléatoire et mal organisé. Et on peut aussi souligner l'histoire de Louis Riel, qui a été pendu, mais aujourd'hui réhabilité comme héros national. En Alberta l'Assemblée territoriale a en 1892, a institué l'anglais comme seule langue officielle et d'enseignement. Toutefois certains accommodements ont été apportés en 1896 et en 1901. En 1905, lors l'Alberta devient une province, les écoles sont protégés par les lois provinciales. Mais c'est un enseignement partiel, et c'est seulement dans les années 1990 que les conseils scolaires francophones sont mises en place. En Saskatchewan, les débuts ont été plus laborieux. Malgré les disposition de la loi fédérale sur l'inclusion dans la Confédération, elle s'est désigné unilingue anglaise. La loi sur les langues officielles a incité la province a réinstauré le français comme langue d'enseignement en 1968. Elle avait été réduite à environ 1 heure par jour depuis 1918. C'est plus tôt qu'ailleurs au moins.

En Nouvelle-Écosse, et plus tard à l'Île-du-Prince-Édouard, c'est la déportation qui a débuté en 1755 qui est une des pires atrocités, sinon la pire, commise au Canada contre les francophones. Lors de la prise de possession de la Nouvelle-Écosse par les Britanniques en 1713 aux mains de la France, les Acadiens ont été autorisés à rester, ayant promis de ne pas appuyer la France. En 1754, la guerre ayant éclaté de Nouveau entre la France et l'Angleterre, le gouverneur a demandé aux Acadiens de prêter le serment royal, ce qu'ils ont refusé, rappelant leur neutralité. Les Anglais, cherchant un prétexte de se débarrasser de cette population française sur des terres que les colons anglais voulaient, ont simplement ordonner la déportation des Acadiens. Pus tard ce fût le Cap-Breton et l'IPÉ. Nombreux sont morts durant le nettoyage ethnique. Au moins aujourd'hui dans ces 2 provinces, la situation est meilleure, et les anglophones sont un peu plus accommodants que dans le passé... "Indeed".


À Terre-Neuve-et-Labrador, malgré la proximité de l'enclave Française de Saint-Pierre-et-Miquelon, le français est à peu près inexistant, seule une faible population subsiste. En Colombie-Britannique, l'éloignement des communautés francophones se fait sentir. Mais notons toutefois quelques secteurs plus francophones, comme Maillardville (un festival francophone s'y tient chaque année), Kamloops ou Victoria. Et dans les territoires, on offre certains rares services en français, mais leur histoire récente leur a évité de faire les mêmes niaiseries que les provinces. Mais ils ont bien sûr quelques écueils à leur actif.

Des points positifs? Dans chacune de ses provinces, Radio-Canada est présente avec la radio et la télé, des radios communautaires ont ouvert leurs portes, des associations culturelles représentent la francophonie dans une mer anglophone. 

Comme on voit, l'histoire de la francophonie et leur situation actuelle au Canada, n'est pas des meilleures. On les a assimilé par la force des lois, mais certains se sont tenus debout et se sont battus pour avoir le droit d'exister, d'aller à l'école en français, de s'épanouir comme peuple. Heureusement, les tribunaux leur ont donné raison avec le temps. Aucune province n'oserait aujourd'hui reculer et enlever les droits des francophones. Mais dans la population, qu'en est-il? C'est là qu'un travail monstre doit être fait. Pour plusieurs le bilinguisme est une dépense inutile, qui siphonne les fonds publics pour rien car de toute façon les francophones parlent l'anglais. Par contre, si on leur parle des anglo-québécois, là leur discours changent. Tout à coup les Québécois sont de sales racistes, mais quand on leur soulignent ce qu'eux ont fait, là ce n'est pas pareil, on ne peut pas comprendre. Ben non, on ne sait tellement pas ce que c'est d'être en situation minoritaire.

Cela démontre bien comment les anglophones nous voient, des casse-couilles croqueurs de diamants. On est là que pour prendre leur argent pour financer nos couteux programmes. Pourtant ils ont été des milliers à nous demander de ne pas quitter le pays en 1995 lors du dernier référendum (volé et tripoté par les Libéraux de Jean Chrétien soit dit en passant). Plusieurs d'entre nous ont entendus dire que c'est emmerdant de voir toujours des étiquettes bilingues trop longs sur leurs produits à la maison. Triste... et si on enlevait l'anglais de nos produits au Québec, après tout nous sommes majoritaires! Oh... la réaction ne se ferait pas attendre, l'ONU serait avisé, les médias internationaux aussi, et nous passerions pour des vilaines salopes encore une fois! Je suis écoueré de ses agissements, et après on se demande pourquoi les Québécois se calissent du Canada comme du dernier kleenex jeté aux poubelles.




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