mardi 29 mai 2012

Décès ou vie pour les journaux?

Décidemment le monde des médias écrits est en pleine crise existentielle. Plusieurs journaux réduisent leur personnel, cesse de publier certaines journées, ou ferment carrément leurs portes. Le cimetière ne cesse de s’agrandir. On cherche des revenus. Mais il faut reconnaître que l’internet et son contenu gratuit fait très mal aux journaux.

Hier (lundi le 28 mai), Postmedia Network a  annoncé que 3 de ses grands journaux, le Ottawa Citizen, l’Edmonton Journal et le Calgary Herald cesseront de publier le dimanche, dès le 24 juin 2012. Même que les deux journaux albertains envisagent la possibilité de ne plus distribuer leurs journaux dans les régions rurales. Cela ferait économiser sur les coûts de distribution. Évidemment il y aura des mises à pied, mais l’entreprise n’a pas annoncé combien de personnes seraient touchées. Du côté de son journal phare, le National Post, pour la troisième année consécutive, il n’y aura pas d’édition du lundi durant les mois d’été.


Et pour Postmédia, l’hécatombe ne s’arrête pas là. Le quotidien montréalais, The Gazette, se verra amputé du cinquième de ses effectifs au cours des prochains jours. Le  journal âgé de 234 ans n’en est pas à ses premières coupes, en août 2010, l’édition du dimanche a cessé d’être publiée. De plus, récemment Postmedia a fermé son agence de nouvelles pour s’abonner aux dépêches de la Presse Canadienne, donc encore là des postes de journalistes ont été abolis. 

Plusieurs autres ont connu de durs moments. Citons La Presse (qui elle aussi a cessé de paraître le dimanche), Le Devoir ou L’Acadie Nouvelle. Du côté des fermetures de journaux, on peut citer le Halifax Daily News, qui lui a cessé de paraître pour faire place à un quotidien gratuit, le Metro. Aux USA, plusieurs comme le Rocky Mountain News de Denver a fermé ses portes, sinon un journal de la Nouvelle-Orléans en Louisiane paraît à une fréquence de trois jours semaines maintenant.

Certes l’internet fait mal. Ce n’est pas tout le contenu des journaux qui  est disponible. Mais ce sont les grands titres et plusieurs chroniques. Certains rendent une partie payante (New York Times, Le Devoir) ou d’autres le sont entièrement (tous les journaux de Brunswick News au Nouveau-Brunswick). Et ici au Canada le Globe and Mail va devenir en partie payant d’ici peu. Apparemment que l’expérience du New York Times est concluante.


C’est un peu un déchirement au cœur de voir tranquillement les journaux disparaître. J’aime bien lire un journal en papier, avec son odeur, les taches sur les doigts, avec mon café et un déjeuner. Et en plus, on a accès à tout le contenu, pas seulement que les grands titres, et avec souvent des articles incomplets avec mention de consulter la version papier, comme sur le site de La Presse. D’autres ont des éditions sur internet ou pour tablettes électroniques, comme l’Acadie Nouvelle. L’avenir est flou, mais indéniablement il devra y avoir un ajustement. Les journaux ne peuvent plus compter uniquement sur le papier. Mais au moins, avec toutes les niaiseries qui se passent autour de nous, on n’a pas de craintes à avoir, les scandales, la corruption et les histoires sordides continueront de faire couler de l’encre. L’inspiration n’est pas sur le bord de manquer.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire