Le conflit étudiant
est maintenant rendu à plus de 100 jours. On dit conflit étudiant, mais
c’est maintenant beaucoup plus. C’est une véritable crise sociale que
vit le Québec. Surtout depuis l’application de la Loi 78 du gouvernement
Charest. Les manifestations, les émeutes et les coups d’éclats ne sont
comptent plus. L’intransigeance des deux côtés, les positions non
compatibles, le manque d’écoute de et de communications ajoutent à la
frustration croissante.
Cette Loi 78 est
assez contraignante, elle limite grandement le droit de manifester. Les
trajets doivent être obligatoirement donnés, les participants ne doivent
pas porter de masques ni de déguisements, s’il y a un nombre plus élevé
que 50 personnes, les autorités doivent être avisées au moins 8 heures à
l’avance. Par contre on ne dit rien sur la force et la brutalité que
les forces policières ont le droit d’utiliser, ni dans quelles
circonstances.
Le gros défaut de
cette loi ignoble, c’est le ridicule dans son application. Face à une
foule de quelques milliers de personnes, comment quelques policiers
peuvent-ils la faire appliquer sans se mettre en danger? Sérieusement
là, si un bœuf se décidait à mettre le magnifique Anarchopanda en état
d’arrestation, imaginez un instant la réaction de la foule, déjà hostile
aux forces policières. La police n’a d’autres choix que de tolérer s’il
n’y pas d’actes de violences ou de vandalisme. On l’a bien vu lors des
manifestations nocturnes surtout, que lorsqu’il y a violence, les forces
policières n’hésitent pas à intervenir, avec trop de force parfois.
Mais lors de la manifestation de jour du 22 mai, tout a bien été. En
soirée ce fut une autre histoire. Comme quoi quand c'est bien fait, tout va bien! Suffit de quelques casseurs, qui sont malheureusement aucunement des partis des mouvements étudiants en général.
Avec toutes ces
contestations et ces violences, les médias étrangers s’intéressent de
plus à plus à la situation du « Printemps érable ». Plusieurs des grands
journaux étrangers, les réseaux de télé de partout dans le monde ont
couvert la grande manifestation du 22 mai. Le Libération titre même : À
Montréal, la loi spéciale on s’en câlisse! Du côté de la télé, CNN, BBC
et même Al-Jazeera ont consacré du temps d’antenne aux manifestations.
Évidemment, ces reportages ne sont pas nécessairement profitables au
Québec. Mais entre les libertés et droits de la personne, l’économie
peut bien passer en deuxième. Les touristes vont revenir l'an prochain!
Au début je
mentionnais les positions des deux côtés qui restent campés de leur
bord. Vrais que les étudiants demandent un gel (même la gratuité dans le
cas de la CLASSE), et que le gouvernement ne voit dans sa mire qu’une hausse. Mais
en même temps, la FECQ et la FEUQ ont proposé un moratoire, que le
gouvernement a évidemment refusé. Pour Charest et sa bande de
coquerelles, c’est la hausse ou rien. La génération actuelle doit payer
pour le laxisme du passé. C’est fin ça! Comme les caisses de retraites
ne vont pas très bien si nous disions aux retraités qu’on coupe leurs
chèques de 250$ par années durant 7 ans, pas sûr qu’ils seraient
enchantés. Bien sûr les vieux tabarnaks pas de dents qui votent Libéral
aussi aveuglément qu’un alcoolique choisit une bouteille de vin au
dépanneur seraient outrés. Et ils n’apprécieraient pas se faire dire
qu’ils sont bébés gâtés. Comme quoi que lorsque l’on est touché
directement par une situation, tout change.
Pour qu’il y ait
négociations, il doit y avoir compromis, et le gouvernement ne fait que
matraquer avec cette Loi 78 et son attitude méprisante. On doit
comprendre le ras-le-bol des étudiants. C’est sûr que bloquer des ponts
et poser des bombes fumigènes dans le Métro n’est pas bien intelligent,
et n’aide pas la cause. Mais en même temps ils ont bien essayé de se
faire entendre. Mais disons que les Libéraux ne retournent pas toujours
les appels. Et c’est un manque de classe énorme que le Parrain Jean Charest ne se mêle pas au débat. Oui c’est un dossier de la Ministre de
l’Éducation, mais nous sommes plus loin que ça. Nous vivons une crise
sociale sans précédant. Et monsieur Mange Marde, le Roi 1er
de Sherbrooke, continue de se gratter la poche en dessous de son bureau,
en regardant l’eau du fleuve passée entre Québec et Lévis. Ce n’est pas
la première loi spéciale pour mettre fin à un conflit. En 1999, Lucien
Bouchard, alors le Premier Ministre du Québec, a forcé le retour des
infirmières au travail. Par contre, lui avait parlé directement aux
représentantes des infirmières. Johnny le Magouilleur lui n’a même pas
daigné répondre aux demandes de rencontres des étudiants. Et il se dit
le Premier Ministre de TOUS les Québécois.
Et les représentants
étudiants sont fermes, peut-être autant que les Libéraux. Mais au
moins ils essayent de trouver des solutions. À leur avantage seul
certes, mais ils essayent de quoi au lieu de matraquer. Le plus célèbre
d’entre eux, Gabriel Nadeau-Dubois de la CLASSE, bien qu’il sache de
quoi il parle, perd de jour en jour sa crédibilité. Il est trop radical,
il cherche la confrontation, et ne veut que mettre le gouvernement à
genoux et le faire manger dans sa main. Mais il y en a d’autres. La
Classe a deux porte-paroles. La deuxième est Jeanne Reynolds. Cette
dernière vient de recevoir la médaille du Lieutenant-gouverneur du
Québec pour la récompenser pour son dossier académique et son
implication communautaire. Elle est très impliqué auprès d’Héma-Québec
en environnement et au théâtre de son Cégep (à Valleyfield). Martine
Desjardins de la FEUQ a un discours moins hostile que la CLASSE. Sinon,
celui qui jouit de la meilleure réputation, c’est Léo Bureau-Blouin, de
la FECQ. Cet étudiant du Cégep de Saint-Hyacinthe a 52% d’opinions
favorables selon un sondage du Journal de Montréal. M. Nadeau-Dubois
n’en récolte que 32% dans ce même sondage. Il faut dire que Léo est un
peu plus posé dans ses commentaires. Il demeure calme et fait preuve de
civisme, ce qui a peut-être manqué aux autres. Inviter les gens à la
désobéissance civile n’est pas un coup de génie disons.
Le conflit semble
dans une impasse, la Face de Cul de Sherbrooke ne semble pas avoir la
volonté de régler la crise, le conflit est plus violent, il y a même des
blessés, Et qui sait, peut-être des morts si la situation demeure aussi
explosive. Le gouvernement, et les gouvernements passé par leur
laxisme, nos ont foutu dans cette situation, c’est au gars qui voulait
avoir les deux mains sur le volant lors de l’élection de décembre 2008.
Il doit faire preuve de leadership, pas se sauver derrière une loi
spéciale. Son attitude a provoqué la démission de Line Beauchamp qui ne
pouvait davantage supporter la position de confrontation de son
gouvernement. Il n’apporte que la colère et la frustration parmi le
mouvement étudiant. Et avec la Loi 78, il n’y plus seulement les
étudiants, mais la population générale est en beau crisse. Charest nous a
foutu dans la marde et sérieusement, pensez-vous qu’il veut nous en
sortir? Et pendant ce temps, en Ontario on baisse les frais de scolarité de 30%...




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